végétarisme … vaganisme … flexitarisme on en parle ?

- assetou- Lifestyle - 0 Commentaires

 

Il y a quelques années, un peu par hasard, j’ai découvert le végétarisme. Je savais un petit peu de quoi il en retournait mais pas dans le détail. J’avais également envie à cette époque d’entamer un régime amaigrissant alors tout tombait à pic. Avez-vous déjà rencontré un végétarien obèse ? Non. Ceci expliquant cela J

Je me suis donc penchée sur cette forme de régime alimentaire. Je me suis documentée sur internet et acheté des livres. Au cours de ces recherches, j’ai aussi découvert le végétalisme, le vaganisme et le flexitarisme. Kesako ?

Le végétarisme est un régime alimentaire excluant toute chair animale (viande, poisson), mais qui admet en général la consommation d’aliments d’origine animale comme les œufs, le lait et les produits laitiers (fromage, yaourts).[1]

Le végétalisme est un régime alimentaire qui lui exclue tout aliment d’origine animale (viandes, poissons, crustacés, mollusques) ainsi que les sous-produits d’origine animale (produits laitiers, œufs, gélatine, miel, etc). Le végétalien ne se nourrit que d’aliments issus du monde végétal.

Le veganisme quant à lui ne se réduit pas à une alimentation spécifique : il est avant tout un mode de vie . Le véganisme est une façon de vivre et un mode de consommation qui cherchent à exclure l’exploitation, la souffrance et la cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, se vêtir, etc… Un vegan essaie de vivre sans faire souffrir les animaux. Par conséquent, il exclut tout produit qui porte atteinte aux animaux dans son alimentation, mais aussi dans les autres facettes de sa vie. Il ne porte pas de laine, pas de cuir ; il n’utilise pas de produits cosmétiques testés sur les animaux, etc… Le concept clé du véganisme est basé sur le refus de l’exploitation animale.[2]

 

Enfin le flexitarisme (ou semi-végétarisme) est une pratique alimentaire qui consiste à être flexible dans la pratique végétarienne.[3] Le flexitarisme consiste à manger plus de végétaux et moins de viande, par envie, par sensibilité à la cruauté infligée aux animaux ou par la croyance que la viande à haute dose est nocive pour la santé. Le flexitarien apporte par contre beaucoup d’importance à la qualité des produits qu’ils ingèrent, préférant les légumes bio ou acheté dans les AMAP[4] par exemple.

 

Voilà pour ce qui est des définitions. Sans vouloir rentrer dans d’éternels débats sur cette classification ou sur la cause animale en elle-même, et après avoir testé certains de ces régimes alimentaires, vu et revu les avantages et inconvénients, je me suis autoproclamée flexitarienne ! Plus qu’un titre, un mode de vie ; cela a supposé de faire les courses autrement, de découvrir ou redécouvrir certains aliments : quinoa, épeautre, lentilles corail, … font désormais partie de mon alimentation Je mange de moins en moins de viande, n’en fait pas le centre de mon assiette et surtout prend la peine maintenant de la savourer. Bien évidemment moins on en achète, plus on peut se permettre de ne choisir que les meilleurs morceaux, plus chers aussi.  Ce régime alimentaire fait sans aucun doute du bien au corps dans tous les sens du terme.

 

Et puis un jour, un constat m’a amené à une grande réflexion sur le régime alimentaire que l’on observe dans nos pays d’Afrique ? Je parlerai de la Côte d’Ivoire, étant celui que je connais le mieux. Je me suis interrogée sur notre façon de consommer, sur nos habitudes alimentaires et en suis arrivée à la conclusion qu’en fait l’africain a toujours été FLEXITARIEN !!!

Pourquoi ? Eh bien parce que nous épousons tous les principes du flexitarisme.

  • Nous nous nourrissons de beaucoup de légumes, même si la façon de les cuisiner est différente de celle des européens. Nos légumes sont souvent moulinés dans nos sauces : la sauce aubergines ne contient ni plus ni moins un minimum de 3 légumes (aubergines, oignons, tomates et quelquefois gombos), idem pour la sauce gombo, les sauces à base de feuilles (oseille, kinkeliba). Il n’y a pas une seule sauce chez nous qui ne contiennent au minimum des oignons, de l’ail et de la tomate…
  • Est-il besoin de parler des fruits savoureux que nous consommons en grande quantité sans même nus en apercevoir ? La période des mangues dans le Nord de la Côte d’Ivoire est synomyme de fêtes. On aurait dit que les anges font tomber les mangues du ciel faisant de nombreux heureux. Papaye, fruits de la passion, pastèque, corrossol, des fruits en veux-tu en voilà, nous en consommons beaucoup
  • Nos repas sont souvent composés comme des assiettes végétarienne : légumes + féculents, légumes + légmineuses
  • Et la viande dans tout ça ! Toute la différence vient de là. La viande n’est pas au cœur de notre alimentation, pas au cœur de notre assiette. Lorsqu’un africain définit son menu du jour, il commence par citer légume et féculents. Pour caricaturer, on dit toujours « du riz et de la sauce (de notre choix) » et seulement après on se dit qu’il serait bien d’accompagner ce met de viande ou de poisson. Et encore, les prix de ces animaux étant ce qu’il est dans nos contrées, on dit souvent que s’il y en a dans la sauce, c’est bien, si non, tant pis ! Tout ivoirien vous racontera un jour l’anecdote de la viande dans la sauce, lorsque les morceaux sont coupés tellement petits que tout le monde guette le tour de service de son voisin pour voir combien de morceaux de viande il a ou qu’on attend le coup de sifflet final pour savoir qui aura le dernier morceau J Je me rappelle aussi que la qualité de la viande n’a rien à voir avec celle produite en Europe. Je me rappelle encore que j’accompagnais souvent ma mère acheter de la viande directement à l’abattoir et que pour le poisson on se rendait au Port autonome d’Abidjan ou celui-ci était surgelé sur place. La traçabilité ici est claire et nette. En occident, en tous cas en France, on commence par choisir la viande avant tout le reste. « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? une entrecôte et des frites ou un rôti de porc et un gratin de courgettes ». De plus, l’on achète souvent la viande ne supermarché parce que moins cher que chez le boucher mais sait-on seulement d’où elle provient, comment elle a été élevé ? Malgré les étiquettes, toujours plus illisibles d’ailleurs. Il n’en demeure pas moins que l’africain est un véritable viandard. Si je vous dis choucouya ? Cependant, et cela se vérifie, ce met reste occasionnel voire très occasionnel, à partager avec des amis ou lors d’un buffet d’une célébration.

 

Il est vrai donc que ce n’est pas toujours par choix que l’africain mange beaucoup moins de viande mais sait-il seulement que cela est finalement l’un des meilleurs régimes alimentaires ? Et qu’il est donc flexitarien ?

 

Je terminerai mon propos avec une pointe de scepticisme. Avec la mondialisation toujours grandissante, et la course à la ressemblance des modes de vie occidentaux, j’ai peur que les choses changent d’ici quelques années ou soient déjà en train de changer. L’installation des supermarchés type carrefour à Abidjan ne m’encouragent pas à changer cet avis. Les produits vendus dans ceux-ci sont’ils seulement issus de producteurs locaux ? Et est-il possible de le vérifier ?

[1] Définition Larousse en ligne

[2] Source : http://www.lasantedanslassiette.com/au-menu/articles/vegetarien-vegetalien-vegan.html

[3] Source : Wikipédia

[4] Association Pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne

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